Tuesday, December 11, 2012

De Beb Kabahn et en son hommage (extrait de T-B 24)

Quoi de plus nyctalope
Qu’un fou furieux de lycanthrope
Courant cul nu hors des fossés
Enjambant stères et marais ?
Hein ?

Moi ! sous la hutte recouverte
Accroupie les mains dans le tertre
Sillonnant la structure complexe
Mouvant pour moi son arc convexe
Et ses polygones multiples
Comme autant de cristaux de givre
L’ADN capte le périple
La conscience humaine en dérive
Et la splendeur de la vie même
Stupéfiante beauté du monde
Et ses murmures de je t’aime
Comme mon ventre elle est bien ronde
La Mère Terre qui nous abonde
Que nous foulons à pieds chaussés
Que nous avons violée, rossée
De coups bas et d’égocentrisme
Loin de nous tout antispécisme
Plutôt croquer nos frères sauvages
Et nous accrocher au mirage
D’une consommation à outrance
Nos seuls chemins d’outrecuidance.

Et si ma mère me caressait
Lui arracherai-je les seins
Pour faire des objets délaissés
Servant tout juste de coussins ?
Ou pour recouvrir mon volant
Du cuir de sa peau tannée
Histoire d’un confort indigent
Conçu pour plaire et pavaner
Devant qui ?
D’autres matricides suspects
A écarter les branches de nos bras
Pour en faire un feu de joie misérable
Quand il suffisait d’un câlin
Que nous cherchions et qui était là
Depuis toujours et à jamais
Juste derrière la cloison
Dont nous avions perdu la porte
Trop occupés à péter le mur
Pour se croire libre alors qu’on l’est
Seulement pousser la poignée.

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins