Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 73

Pas très rapide le gars ! Il m’a fallu attendre le 73ème numéro de « Traction-brabant » et les 13 ans d’existence du poézine pour me demander quelles étaient les raisons qui me poussaient à aimer la poésie.
La question est pourtant essentielle, surtout si l’on consacre, comme moi, à cette passion, deux heures de ses journées.
Tout d’abord, il ne faut pas se fier aux apparences : n’emboîtant pas le pas à tous les fans de langage, j’affirme haut et fort que la poésie ne se résume pas à une suite de signes alignés sur la page ou prononcés dans les airs.
Sinon, si ce n'était que ça, il y a déjà longtemps que je me serais cassé de là pour faire autre chose de plus concret.
Non, si j’aime la poésie, c’est parce qu’elle alimente mon imagination, ce qui me permet de passer par-dessus le réel. Ainsi, par les chemins tortueux de l'inspiration, la voici qui revient me donner des idées originales d’aménagement de l'espace et du temps.
Pourquoi ne pas donner à voir aux autres des choses (objets, comportements) que l'on oublie de montrer en priorité ? Pourquoi ne pas occuper le temps de façon peu ordinaire, plutôt que d'imiter la masse bêlante ?
D’ailleurs, la poésie, j’arrive déjà, au minimum, à la transformer en feuilles assemblées par deux agrafes, voire en petits livres et en rencontres nombreuses, qui provoquent elles-mêmes l'ingestion d'aliments bien réels.
De plus, si je crois en la poésie, c’est parce que ce n’est pas une religion. Je suis libre d’imaginer tout ce que je veux à travers ses mots. Je n'ai aucun Dieu à respecter. Je peux tenter toutes les expérimentations possibles et imaginables dans la suite de mes mots. La poésie, c’est mon jardin secret qui en voit de toutes les couleurs. C’est mieux que la chimie et même que l’alchimie. Il y a peu de chances que je fasse sauter l’immeuble où je vis avec. En plus, ça ne coûte pas cher en matériel, la poésie. Il faut juste disposer d'un stylo et d'un papier, ou au pire, d'une unité centrale et de courant électrique.
C’est plutôt économique ! Cette caractéristique bien réelle devrait donc constituer un argument de vente, en ces temps de réalisme. Nous les poètes, on la pratique depuis toujours, l'austérité !
Bref, la poésie, c’est un gage de liberté. Pas d’obligation de résultats. Pas de coutumes à la gland ou de statistiques à respecter, pas de grand manitou à bénir. Que sa propre tête à opposer aux brumes du quotidien.
Alors, vous préférez encore, après ça, des religions qui ne viennent pas de vous ?

P.M.

Numéro 73 de Traction-brabant


Le numéro 73 de Traction-brabant est vendu 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Le mégaphone


Square de la grève à Metz le 12 juin 2010

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent cinquantaine d'exemplaires. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont près de trois cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Realpoetik

Je vous propose de découvrir une revue en ligne dont le ton tranche sur ce qui est publié habituellement.

Il s'agit de Realpoetik, animée par Grégoire Damon et Sammy Sapin.

Comme son nom l'indique, cette publication contient des poèmes réalistes, qui parlent de ce que nous vivons aujourd'hui, si nous vivons sur la même planète que le commun des mortels (un monde urbain, électronique, virtuel mais réel).

Ce que j'aime dans nombre de poèmes, c'est l'automatisme de leur écriture, l'impression qu'un flux d'immédiateté s'écoule.

A lire également pour les éditos en forme de poèmes en vers de Grégoire Damon, qui contiennent des réflexions théoriques (sans vouloir insister trop fort sur ce gros mot) et qui surtout, mettent en doute ce qui peut s'écrire aujourd'hui, ce qui peut être reconnu dans la poésie qui, de toute façon, n'est pas reconnue par beaucoup de monde.

Et si vous pratiquiez la Realpoetik, ça nous changerait un peu non, peut-être qu'on la reconnaîtrait un tout petit mieux la poésie ? (vœu de nouvelle année, non je rigole)

De Florentine Rey (extrait de T-B 71)

Fantasmes

Secrétaire souple, infirmière à frange, rose-caissière, coiffeuse à bonnets, avocate mousseuse, collier de nageuse, tablier-volant, allume-hôtesse, passoire à ovaires, salade ménopausée, maîtresse à repasser, femme à laver, crème de bobonne, pomponne à épingle, sèche-servante, serveuse à spatule, assistante en soie, œil de jupe, cils de joie, tourne-danseuse, paupières en dentelles, cuisses autogonflantes, institutrice à dégraisser, sac de pleurnicheries, lessiveuse à talons, lingette-soignante, crème-cuisinière, grâce à cuire, poêle à fleurs, savonnette à fourrure, fesses émotives, foulard fidèle, patineuse autonettoyante, ballerine amincissante, cambrure à rallonges, glousse-cul, bikini en ricaneuse, asperge à dînette, actrice de bouquet, chevelure à traire, ménage menstruel, épile-string, pèse-chignon, bonbonne à hormones, hachoir à humeurs, collier de kilos, presse-ovules, tampons à plumes.

Un Iro coi de Patrice VIGUES


Malta compil : 2007 (avec Windows média player)

Histoire de vous réveiller un peu : cette compil est bientôt finie. Le texte choisi pour l'année 2007 a fait l'objet d'une publication dans la collection Polder de la revue Décharge. Il s'agit d'un poème extrait de "Sans mariage" :

Ensuite toute la famille les proches
Montent dans l'auto blanche effilée
Qui coupe les ubans du berceau
Ne bouche pas les trous de l'ennui
Le reste du temps ta soif de bonheur
Marche sur le linge neuf plus opaque
Eveille toi au balcon et ensemencée
Par les lis d'apparat regarde comme
Délicatement ils fanent je te le répète
Tu es une conteuse de fleurs machinale

Sur une musique de Monochord "No question no answer" (Via Dogmazic). C'est bien le cas oui.

De Théophile Coinchelin (extrait de T-B 61)

Vieux Continent !


Ils ont frappé Marianne
Ils ont frappé la monnaie

La semeuse de blé 
Qui récolte qui récolte

Et la famine

Le soleil luit
Froid
Comme un rond de métal

Ils ont frappé Marianne
Ils ont frappé Dante et Cervantès
Ils ont frappé Mozart

Qui fait ding dong dong
Dans l'écuelle

Ils frappent et frappent encore

Alors il faut bien des matraques
Qui frappent tous ces corps

Et que ces corps fassent de l'or
Qu'ils frappent qu'ils frappent encore 

Traction-brabant 9

O langage n’ai pas eu de chance
Ma vie est si ennuyeuse
Que je me hausse devant toi
Tu excites ma solitude
Tu me parais autant goûteux
Qu’un litron de vin argenté
C’est comme si je dégustais
Des haiculs en sauce Rabelais
Si ce n’est mon poste télé
Le langage me fait bander

O langage j’use de ces mots
Que personne ne comprend plus
Je me rengorge pour broder
Autour de ma pauvre existence
Une histoire qui a l’air bonne
Encore un peu et je jouerai
Superman contre les méchants
Même que je serai dans l’image
Si ce n’est la triste politique
Le langage me fait bander

O langage en ton apparence
Un poème nul devient fort
Je n’ai plus besoin de rien faire
Juste dormir au gré des mots
Les doigts de pied en éventail
Nous n’écrivons pas tous des livres
Mais nous sommes tous des poètes
Quand vient la saison de la peur
Si ce ne sont les pois à ramer
Le langage me fait bander

O langage armé de ta foi
Je peux en foutre plein la vie
Dans le gang des auteurs imbus
Que m’importe si je ressemble
A la puce faisant du saut
A l’élastique d’un copeau
Mes répliques se veulent justes
Ma syntaxe boite à la patte
Si ce n’est un jeu de hasard
Le langage me fait bander
Un seul mot d’ordre aujourd’hui
Trouver le style qui déraille
Si ce ne sont mes mules au soir
Le langage me fait bander

P.M.

"Là K t'as" (illustration de Jean-Marc Couvé)


De Thierry Le Pennec (extrait de T-B 72)

jet lag

"j'écarte les jambes" fit-elle mais j'é-
jaculai beaucoup trop tôt poignard
                     en moi-même et ré-
                   veillé pleine nuit les voix
américaines en mon cerveau / fatigue
d'une moitié de planète en vingt-quatre heures
                                   – back home
en un chantier de salle de bains la pression française.


Le blog de François Ibanez

Dans ce blog de François Ibanez, musicien et auteur qui a pas mal publié en revues ces derniers temps, vous retrouverez, outre la liste de ses publications, certaines de ses poèmes, qui se caractérisent par leur caractère oppressant et leur soif d'exprimer l'inexprimable. Il y a de la densité là-dedans. 

Bref, tout ce qui caractérise de la poésie...Et même si comme le dit l'auteur, c'est de la "Poésie comptant pour rien". Là, dans la tête des gens dis "normaux", cette expression tient du pléonasme. Mais peut-être un jour comprendront-ils, que la valeur tient à ce qui ne se comprend pas...

Pour y aller voir, de l'autre côté, il faut passer par comptant pour rien.

Optic Tsunami (illustration de Jean-Louis Millet et titre de Malta)

De Lou Raoul (extrait de T-B 30-31)

C'est à Noël l'an dernier
que j'ai découvert.
C'est là. Tu vois la photographie.
Toute la semaine, il a fait beau,
j'avais la chevelure ensoleillée.
J'ai croisé peu de monde
et les ombres des maisons aveugles
m'étaient plus proches
que les gens eux-mêmes.

Dans mon rêve de manteau rouge,
je regardais flotter les cris des oies bernaches
au-dessus de la grève.
J'étais comme muette.
Puis en marchant au loin,
j'ai eu dans la bouche l'oratorio de la femme qui rit
et dans les veines, le sang de l'ours endormi.

Tu vois, c'est là.


Extrait de « Cinq, de 6 à 9 »

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Sunday, April 01, 2018

Traction-brabant 40

Comme ma femme venait de fêter son anniversaire en invitant ses amis, les gens n’ayant pas hésité à faire le déplacement de toute la région, je décidai de l’imiter pour mon anniversaire, étant atteint d’un chiffre rond que la pudeur m’empêche de vous révéler.
Connaissant nombre d’auteurs dans le coin, je veux dire par là de gens qui écrivent et même d’artistes en tous genres, je trouvai l’initiative originale, d’autant plus que la soirée pourrait être agrémentée d’intéressantes lectures et surtout de rencontres entre personnes non conformistes.
Nous prévîmes donc un repas suivi d’une soirée musicale et dansante, contents de pouvoir renouveler la fête, et envoyâmes promptement les invitations aux dits auteurs artoschtes.
Hélas, très vite, d’insurmontables difficultés apparurent, assorties de questions insondables qui ne nous avaient jamais été posées, ce qui ne manqua pas d’ébranler ma confiance déjà chancelante en l’espèce humaine en général, et en particulier lorsqu’elle se pique de pensées élevées.
A avait paumé l’invitation et me demanda par écrit de lui répéter ce que j’avais écrit plusieurs mois auparavant : je n’eus jamais de ses nouvelles ensuite.
B ne voyait pas où était situé le lieu de notre rencontre et je dus lui servir de GPS, ce qui n’eut pas pour effet de lui faire trouver le chemin.
C serait bien venu s’il n’avait perdu sa troisième grand-mère depuis que nous nous connaissions virtuellement.
D avait des épreuves urgentes à corriger pour la publication de son quatrième livre de l’année.
E avait le mal des transports et ne savait pas conduire. Plus précisément, il tombait en syncope dès qu’il prenait le train. Je me gardai donc de lui demander ce qui lui arriverait s’il prenait l’avion.
F aurait volontiers fait le déplacement jusqu’au moment où il apprit que le repas n’était pas strictement végétarien.
G n’aimait que la musique dodécaphonique de l’école viennoise.
H allait partir en Inde, atteint d’une crise mystique impromptue.
Bref, pour ne pas nous retrouver seuls à seuls avec le DJ, ma femme et moi, nous invitâmes par Internet quelques inconnus, en exigeant d’eux qu’ils n’écrivent pas ni ne se livrent à de quelconques activités artistiques.
Et là, nous fîmes salle comble. L’amitié, n’était-ce pas pourtant se faire plaisir en étant présent pour les autres ?



P.M.

Saturday, March 24, 2018

Le virtualisme c'est Bath

Derrière le terme un peu barbare de virtualisme, se cache un site animé par Ben Aguey, dont le contenu m'a intéressé.

Tout d'abord, parce que ça y réfléchit pas mal : alors qu'est-ce que c'est que le virtualisme ? C'est selon son initiateur "l'étude de la subjectivité humaine à l'heure des progrès technologiques et du capitalisme mondial".

J'y vois donc, de mon point de vue, surtout une pratique artistique qui n'ignore pas la réalité des choses (vitesse de l'Internet, concentration des richesses et du pouvoir, consumérisme, aliénation, difficulté pour trouver des perspectives d'avenir), et qui donc, est actuelle et cherche du renouveau.

Ensuite, j'ai apprécié la diversité des modes d'expression : écriture, calligrammes, dessins, musique (rap, slam)...

Enfin, même si les textes sont inégaux, il y a une bonne densité d'expression, pas mal de richesses à découvrir.

Ces publications sont consultables en partie, peuvent être lus en intégralité contre paiement de droits d'auteurs dont le montant est laissé à l'initiative des visiteurs intéressés.

Je me dis : pourquoi pas après tout ? Il n'est pas interdit de vivre avec son temps...Pour accéder au virtualisme, c'est ici.

Friday, March 16, 2018

Traction-brabant 72

Ah les pseudos ! Pour les plus fidèles lecteurs de Traction-brabant, il en était déjà question dans l'édito du numéro 44, en décembre 2011.
Depuis cette date, j'en vois de plus en plus fleurir parmi les auteurs, ce qui m'a amené à revoir en partie mon jugement sur cette pratique.
En effet, avec le recours massif à Internet et tout particulièrement aux réseaux sociaux, type Facebook, l'utilisation d'un pseudo, quand on fait circuler ses textes, me paraît davantage justifiée qu'autrefois.
Ainsi, la poésie, comme tout ce qui traîne sur la toile, peut faire partie des informations utilisées contre soi dans la sphère professionnelle.
Belle aubaine pour les employeurs (ou les collègues, les élèves), afin d'essayer de mettre sur la touche un peu plus de personnes, « à la tête du client ».
Peut-être suis-je paranoïaque, mais la validité ou l'invalidité du prétexte n'est pas en cause, seulement son existence trop facile à exploiter.
Bien sûr, je déplore cette situation et comprends ce besoin de se protéger pour survivre dans la jungle de l'hypocrisie, qui trouve là un nouveau terrain de jeu...
Par contre, ma position ne varie pas d'un iota quant à l'émergence de pseudos seulement justifiés par des caprices d'artiste, hors de toute contrainte.
Attention, il n'est pas question ici de ceux qui s’intègrent dans la réalisation d'une œuvre collective, à dominante potache. L'exemple classique est celui de l'Album Zutique, auquel a notamment participé Albert Mérat (Arthur Rimbaud).
Non, ces pseudos-là sont marrants, puisqu’ils relativisent le sérieux de la démarche.
Au contraire, lorsque les pseudos d'agrément sont mis au service d'une œuvre personnelle, j'y vois là une façon d'augmenter le nombre de ses égos, alors qu'il me semblerait plus souhaitable pour la représentation de la poésie, de les éliminer jusqu'au dernier. C'est une façon pratique de séparer toute pratique artistique de sa vie réelle et ordinaire. Attitude peu humble (je suis certain d'être (re)connu sous mon patronyme, la charrue étant mise avant les bœufs !) et en même temps, frileuse, qui me déplaît. J'ose croire qu'une partie de notre marginalité vient du fait que l'on ne cherche pas à assumer sa poésie, notamment envers ses proches, même quand cela serait possible.
Bientôt, ne s'inventera-t-on pas des pseudos différents pour se brosser les dents et faire les commissions ?
Tout autant d'identités qui servent de cache-misère à notre réalité, à nous voiler la face plutôt qu'à essayer de vivre en toute simplicité, avec une seule identité, non dissimulée de poète et de pas poète à la fois...Vous me trouverez bien dur, sans doute... Tant pis...
P.M.

Thursday, March 08, 2018

Journal pour goudron, grumes, voix de Jean-Baptiste Happe

Le blog de Jean-Baptiste Happe est idéal pour réviser son code de la route. Au début, avec la première image en mouvement, j'avais cru à un go fast. Mais non, je vous rassure, ça serait plutôt un go slow...

Il faut d'abord que je vous explique. Chacun des poèmes qui compose ce journal peut se lire à voix silencieuse. Mais vous pouvez également l''entendre lu par l'auteur ou par une tierce personne.

L'image qui accompagne cette lecture est celle d'une route (toujours la même, c'est le début de la balade) qui se déroule d'abord vite, puis lentement (et là, c'est la découverte d'une nouvelle route ou d'un nouveau chemin). Donc, il s'agit de scènes d'extérieur, sauf qu'en fin de compte, le poème nous renvoie vers l'intérieur. Donc, voilà l'idéal : prendre l'air en restant au dedans de soi...

Sinon, les textes ici présents ont quand même un penchant pour l'ironie, la dérision. C'est une chose qui me plait naturellement. Et il arrive que parfois, en fin de poème, on décolle carrément de la route (dans la tête)...

Pour en savoir plus sur ce "Journal pour goudron, grumes, voix" de Jean-Baptiste Happe, c'est ici le démarreur.

Monday, February 19, 2018

De Marc Tison (extrait de T-B 27)

Pierres

Pierres qui calent mesures d'usines
imbriquent des briques de terre de pierres

pierres rouges les murs des maisons ouvrières
des ouvriers effacés dans le canton de Denain
désintégrés statistique sociale troisième page
des misères du journal rouge
maisons barricades planches aux fenêtres
et les murs désertés rouges de pierres
s'effritent sans fin recyclées et d'autres
écrasées sans fin tapis des sols d'autoroutes
sacrifices des os d'anciens locataires sidérurgistes
au RMI offerts à la condition de poussières

Blog Archive

About Me

My photo
Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins