Tuesday, December 31, 2019

Traction-brabant 7

Amis poètes, depuis la dernière fois, j’ai bien réfléchi et j’en suis arrivé à la conclusion suivante : la poésie n’est pas chose marrante, ou si vous voulez, qui doit être prise à la légère. Déjà que nous ne sommes pas en vie pour rigoler ! Hé oui y a des moments où faut se serrer la ceinture à cause des nouilles ! Avec la poésie, pareil ! 
Ainsi, dorénavant, je n’accueillerai au sein du revzine « Traction-Brabant » que les textes accompagnés d’une lettre dithyrambique adressée au directeur de la revue. Vous comprenez ? La poésie n’est pas chose marrante et faut se serrer la ceinture, pas les chevilles. Il serait souhaitable également que cette lettre soit accompagnée d’une petit cadeau offert au PDG de « Traction-Brabant ». Ce n’est pas pour rire, croyez moi, mais plutôt pour compenser les nombreuses fatigues du personnel poétique et payer les étrennes au gamin. 
En ce qui concerne le contenu du poème, on s’arrangera entre gens avertis. Cependant, il est recommandé que les hoeuvres envoyées ne contiennent pas un mot plus haut que l’autre. Sinon, amis poètes, si vous commencez à dire la vérité, comment pourrez-vous être pris au sérieux ? Non, la poésie n’est pas chose marrante. Il faut le faire comprendre aux étrangers qui devront, pour pénétrer dans l’antre d’icelle, accomplir pénitences et dons de soi, en argent liquide, scriptural ou par carte bancaire, merci. 
À défaut, une caisse de champagne suffira pour lire les pohèmes. 
Comme, je vous le rappelle, la poésie n’est pas chose marrante, mais bien plutôt hyper sérieuse, qui ne saurait donc succomber aux sirènes du réalisme, hormis l’économique. Les thèmes dont il sera question seront les suivants : les quatre saisons, même dans le désordre, sujet libre, la faune de Bretagne, le lapin au chocolat, le haïku à douze pieds, sujets imposés. Si ce que je vous dis, là maintenant, vous prend la tête, c’est normal… Je voulais juste vous endormir pour que vous n’ayez pas à affronter la suite de nos horreurs quotidiennes. 
P.M.

Numéro 77 de Traction-brabant


Le numéro 77 de "Traction-brabant" est vendu au prix de 2,40 €.

Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Le mégaphone


Square de la grève à Metz le 12 juin 2010

Les états civils libres

Dans ce site dont le nom me rappelle les premiers chapîtres du Code Civil, se succèdent des textes voyageant en toute liberté (quelquefois surveillée), malgré les tensions sociales (numéro 1) qui parlent d'ailleurs (numéro 2), de Princesse Stella, de Rudy, de Ben...
Présentation sobre, photos élégantes : tout ce qui va bien.
Une bonne adresse pour la poésie de l'immédiat...

De Stéphane Poürri (extrait de T-B 63)

DUNKELHEIT

Chaque nuit, je suis terrassé par la même lumière
froide, percé par le même hurlement.
Accusateur, accusé. L'horreur et l'extase de la vie
piquent toujours plus profond. Las de courir m'oublier
dans la foule, je ne profite plus des beautés du
paysage. Je marche à reculons vers les regrets
lointains, craignant de ne plus pouvoir me supporter.
Pénitence, continence, obéissance et ruine de la
conscience. Chaque fantasme est une faute.
Laisse moi dormir, s'il te plaît.
Laisse moi seul.

Je ne sais pas vous mais moi j'ai mal dormi de Patrice VIGUES

Malta compil : 2004 (avec Windows media player)

Voici à présent un poème resté inédit, jamais publié, même en revue, qui est extrait d'un recueil tout aussi inédit intitulé "Espace tristesse". Le poème date de 2004 et se lit sur une musique de Superwave "Synopsis" ou vice-versa via Dogmazic.


Est-ce que les rêves d'enfant
Sont restés sur tous les trottoirs
Face à leur écran de nausée ?
L’ombre de la misère gît
Pour toujours au même endroit
A l’instant où le jour passe là
Le moindre carré de ciment
A beau s’effacer sous la brosse
De leurs lessives anti-calcaires
Les taches d’un crime s’éveillent

Au soir suivant des yeux
Guettent le gîte d’où ressortent
Ses lueurs aux globes ovales
S’agit-il d’une épidémie ?
Est-ce que les fils électriques
Infusent leur thé dans la tasse
Jamais ébréchée par la lune
Qui s’active autour des blessés
Par l’épée des humains tendue
En haut d’un festin de punaises ?

De Jos Garnier (extrait de T-B 77)

car ici
dans les ciels absolus
grippés d’alcools
imaginer
d’autres vies
aux cloisons
flottantes
d’autres solitudes
difformes
aux miroirs dépouillés
de merveilleux
un bout de monde
avant le grand noir
à se demander
comment
ces sidéraux
souvenirs
d’ombres corsaires
qui s’enroulent
à tâtons
autour de la fragile
ossature
glissent et chavirent
puis
dans la plus cruelle
indifférence
se dévident
d’une minute à l’autre
épouvantable
bruit mat
explosif
papier déchiré
les voilà
ectoplasmes liquides
répandus
à même le sol
étrangement
au travers la vacillante
lucarne
d’un firmament
coloré
se froissent
d’inimaginables soupirs
discordants
car ici
les issues
sont secourables
post-scriptum : fake news
sur cœur filigrané

Traction-brabant 56

Maintes et maintes fois, on m’a reproché et on me reproche encore la noirceur de mes poèmes. C’est vrai qu’ils sont noirs, mais beaucoup moins qu’autrefois. Peut-être qu’un climat plus tempéré, collant mieux à la réalité des choses, agit-il.
Cependant, il me semble toujours essentiel de défendre la noirceur de certains textes, y compris ceux écrits par d’autres poètes.
Voyons plutôt comment se comportent les pros de l’écriture, dont l’importance dans la littérature n’est plus contestée :
- Le livre de Job : « Pourquoi ne suis-je pas mort dans le ventre de la mère ? Pourquoi n’ai-je pas expiré au sortir de ses entrailles ? » ;
- Shakespeare : « Tu serais mieux dans ton tombeau qu’ici le corps en butte à toutes les violences du ciel » (Le Roi Lear) ;
- Rimbaud : « Le travail humain ! C’est l’explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps »  (Une saison en enfer) ;
- Antonin Artaud : « Je crois qu’il y a toujours quelqu’un d’autre à la minute de la mort extrême pour vous dépouiller de notre propre vie » (Van Gogh ou le suicidé de la société) ;
- Louis-Ferdinand Céline : « La merde a de l’avenir. Vous verrez qu’un jour on en fera des discours » (Voyage au bout de la nuit ?);
- Sarah Kane : « C’est la peur qui m’éloigne des rails. Je prie simplement pour que la mort soit bien le putain de terminus » (4.48 Psychose).
Pas très réjouissant tout ça n’est-ce pas ? Pour trouver de l’optimisme là-dedans, levez-vous de bonne heure ! Et encore, le manque de place m’interdit d’en citer davantage.
Alors, pourquoi cela semble t-il poser problème, quand Malta et ses potes donnent dans le sombre ? Pourquoi devrions-nous amuser la galerie pendant que des pointures la font pleurer ? Je ne peux m’empêcher de constater qu’il y a là comme qui dirait un déni d’écriture. Quand vous passez un examen, vous en bavez. Quand vous faites du sport, vous êtes en sueur. Et les cancers, et les suicides, les licenciements, la pression familiale, c’est aussi la vie ça. Pourquoi la littérature et plus particulièrement la poésie devraient-elles jouer les folies bergères ?
Soyons clair. La poésie a aussi pour fonction de remuer la merde, pas seulement de donner des tapes amicales dans le dos des lecteurs, tout simplement parce qu’elle n’est pas faite que pour ça. Et puis, cela ne m’empêche pas d’aimer l’humour, qui peut être noir. D’ailleurs, lire des textes sombres, contre toute attente, finit par constituer une détente comme une autre.
                                                                                                                                               P.M.

"Maison interstitielle" (illustration de Jean-Marc Couvé)





Terre à ciel

Voici un site que je viens de découvrir et qui propose entre autres des fiches sur plusieurs poètes contemporains avec ou sans internet mais toujours avec quelques uns de leurs textes...
Bon panorama sur ce qui s'écrit aujourd'hui....

De Dominic Caétano (extrait de T-B 30-31)

L'espace entre 2 grains de sable

Il y a un tourbillon de mots et d'images. Il va bien finir par crever, ce tourbillon.
- A en devenir fou, à en crever!
Je dégage cette fois-ci sur la pointe des pieds et la veste sous le bras.
Je prends avec moi une pierre trouvée dans une très vieille tombe, elle a toujours été là sous mes yeux.
Je caresse les murs en descendant les escaliers et je saute la dernière marche. Dehors sur le trottoir je déambule, mon corps déambule et je jette ma veste sur mon épaule.
Ne plus se brûler le cerveau, enjamber des ponts même imaginaires - je t'écoute si tu le veux.
Je baisse le regard et mate mes chaussures, elles sont vieilles et c'est étrange d'avoir le cœur léger dans cette chaleur d'été.
Sans le savoir, sans le comprendre, être seul dans un univers bien rempli - tu m'écoutes?
Toujours avoir un flingue dans sa poche pour se défendre...une fois et pour toutes.
Les voitures volent à côté de moi, je ne vois que de la couleur.Les maisons sont sales et à l'intérieur les gens ont le cafard même quand ils dorment.
Des mots, des wagons de mots qui partent dans le grand Est, il fait trop chaud ici.
Je suis monté sur les hauteurs, je vois toute la ville et ces toits gris, on dirait de la peau d'éléphant et je suis le cornac pleurant son salaire.
- Et si tu ne comprends pas tu me fais un signe et on verra...
Je pense à celui qui est resté dans mon lit, nu, allongé sur le ventre, il ronflait un peu. Il m'en reparlera de sa joie de vivre, de tous ses projets et de cette sale manie de trahir tous ces principes - Oui oui il est totalement malheureux.
Ça me fait penser à toutes ces lumières qui sont allumées derrière les rideaux, elles ne sont pas là pour dire - venez, entrez, vous êtes les bienvenus, elles sont là pour dire - ne vous approchez pas, il y a quelqu'un ici. Les plus malins ont un écriteau "attention chien méchant". Si leur chien est vraiment méchant, à leur place j'aurai peur.
Un jour on m'a dit que le plaisir était du miel qu'on lèche sur une lame de rasoir, je n'aime pas le miel, je peux mettre autre chose?
Je pense à ce qui me reste à faire pour le restant de ma vie et le tourbillon revient.
Juste baigné de lumière, agiter les bras pour qu'ils se détachent, courir vite et sauter les obstacles les plus hauts.
Juste plisser les yeux quand quelqu'un vous fait la morale, juste boire à la bouteille quand quelqu'un vous insulte.
Traverser au dernier moment et sourire.
Ne rien prendre, tout laisser à la meute, prendre une photo du spectacle et la mettre dans son portefeuille.
Se récupérer de justesse, tomber amoureux de soi-même, se caresser et embrasser le miroir.
Jusqu'à la mort bouger la tête sur un seul rythme, toujours le même à l'infini.
Prêter serment devant une icône fabriquée de choses trouvées ici et par là bas, promettre de ne pas se faire semer, promettre de trouver sa place entre deux grains de sable.

Black cat de Cathy Garcia

http://associationeditionsnouveauxdelits.hautetfort.com/



De Jean-Marc Couvé (extrait de T-B 15)

Lent saignement


Aux apprentis poètes
qui "s'élèvent" pour se faire "maîtres"

Le poète est un âne
alpha un âne
bêta
le poète est un anal-fat-bête
qui fait le beau
qui fait la bête
pour avoir du son
et qui s'enivre de ces sons
qu'il produit malgré lui
quand le son -ducal son - lui monte à la tête
leçon n°1 : il perde sa cédille et
le con met au monde un poète
plus bête qu'une bête analphabète
le poète est un con-un continent
qui pisse en vers
et contre tous
le poète est un pisse-vinaigre
qui pisse du vin aigre
en se prenant pour un aigle
heureusement l'art-aigle
veut qu'il n'y en ait pas
et quand la mort espiègle
lui fait un croche-patte
ses ailes de géant l'em-
pêchant de marcher (1)
le poète-albatros s'abat,
c'est atroce,
de tout son long
sur le macadam,
part à dame
ainsi né rétamé,
petite âme
incinérée, tas mais
petit tas m...
poète né en (?)
et des poussières
re-devient :
néant !

(1) cf. Baudelaire

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, January 21, 2019

Le blog de Jean-Claude Touzeil

Le blog de Jean-Claude Touzeil, ex-organisateur de la manifestation poétique des printemps de Durcet, s'intitule Biloba et est avant tout un repère d'observation.
On y trouve beaucoup de photographies de choses vues, dont le côté insolite est mis en avant.
Et c'est vrai que la nature ou les objets des hommes recèlent des surprises dont l'intensité peut varier selon l'angle sous lequel ils sont découverts.
Cela nous change aussi des poètes et de leurs(h)œuvres (h)énormes, les meilleures étant souvent celles qui ne font pas exprès d'exister...
Pour aller y voir, c'est ici.

Sunday, January 13, 2019

De Catherine Savy (extrait de T-B 76)

Mon corps habite un terrier

Terreur de l’été,
l’animal a clos ses volets.
Rasée de près,
la chaleur mord,
mon territoire se resserre
la bête se terre
témoin d’un tourment
chaque été renouvelé.
Tessons plantés,
le mur a craché
la sale saison
des torses nus,
va-nu-pieds
nudité mal léchée…
Terne,
l’été ceinture l’année
d’une tenture couleur de prune
Et quand vient
la fraîcheur du soir
l’été mal aimé
suce ses plaies

Saturday, January 05, 2019

Friday, December 28, 2018

Traction-brabant 77

Ami poète, quand tu commenceras à toucher ta bille, quand tu penseras avoir compris les rouages de l'inspiration, que tu seras parvenu, aux yeux de quelques personnes, à exprimer par écrit une émotion, tu toucheras la médaille de ta récompense et décideras de ralentir le rythme, parce que c'est bien mérité.
Tu t’assoiras dans un confortable sofa rouge, style art nouveau. Tu boiras de meilleurs alcools, tu mangeras mieux et moins (pas de viandes, à cause de la couleur du sang), tu sentiras alors comme les fleurs n'ont pas toutes un parfum identique et tu t'attarderas à en saisir les moindres nuances. Tu choisiras celle-ci plutôt que celle-là. Tu te déplaceras en permanence dans un magasin de luxe sans t'en rendre compte.
Et tu tomberas ainsi dans le piège le pire, celui de la littérature, de l'art pour l'art.
Tu détesteras les outrances de ces jeunes apprentis sorciers qui cherchent à forcer le trait, tu te sentiras plus malin qu'eux, tu n'achèteras plus leurs écrits que tu trouveras peu intéressants. Car tu auras tout compris du bon dosage. Tu recycleras en mots la moindre de tes émotions. Cependant, même, lorsque par hasard, l'émotion sera forte, tu iras la chercher dans les livres.
Tu te claquemureras pour ne plus voir la réalité en face. Tu éviteras comme la peste les duels trop voyants. Il faut dire que des prix et d'autres récompenses tu obtiendras de plus en plus. Tu ne sortiras plus du même tambour de la même machine, ta langue sera usée, sauf que tu y croiras dur comme fer.
Les suicides deviendront des fantaisies littéraires, la guerre, la pauvreté et la misère ne seront plus que des jeux vidéo destinés au quatrième âge, des jeux doux, car dénués de cris.
Au pire, tu éprouveras un ennui très vague, mais là encore, il s'agira du spleen de Baudelaire. Après tout, même les fosses communes sont remplies de la divine musique de Mozart. Il n'y a pas de quoi s'inquiéter.
Le dégagement sera ton engagement. Tu auras des rhumatismes plein la tête, sans la gravité d'un cancer. Tes poèmes seront équilibrés, ta clientèle fidèle. Tu écriras pour les centres piétonniers des grandes villes d'Occident. Tu écriras pour les chiens-chiens de leurs mémères, tu mettras le nez dehors comme sur des roulettes, afin de respirer les feuilles mortes qui s'envolent à la pelle. Tes poèmes sentiront la camomille des (r)assis.
Tu deviendras vite un vieux con de poète, cherchant à sauvegarder aux dépens des autres tes prébendes. Et là, je te rassure. Tes performances ne seront que des béquilles de jeunesse et tes points d'exclamation des vocalises de maisons de retraite(ment).
P.M.

Thursday, December 20, 2018

De Toma Brü no Erik (extrait de T-B 49)

Eros et tétanos


à renifler les roses
aux épines
on s'entaille et s'étonne
de ce sang
qui s'écoule et scintille
au soleil d'une journée de bohème
infinie
où dans son creux
à jamais
resteront silencieux
tétanisés au souhait des pétales
nos fronts égarés et offerts
en pâtures aux broussailles où sommeille l'esprit d'où se sèment les roses aux épines d'oubli

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins