Monday, December 31, 2018

Traction-brabant 76

Oui, c'est vrai, la société de consommation, elle est vraiment bonne à foutre à la poubelle. C'est contre ça que je me révolte quand j'écris ce qui me semble être de la poésie.
« Bonjour, Monsieur Maltaverne.
- Bonjour, msieu dame.
- Je voulais savoir si je pouvais avoir un poème dans le numéro 76 de « Traction-brabant ». J'ai un texte à faire biper, là, et ça peut pas attendre, sinon, je vais être victime d'une overdose avec tout plein de vers.
- Attendez que je regarde ça. Oui, c'est bon, mon four est prêt pour la cuisson. Par contre, pour la livraison, il faudra attendre d'ici deux trois mois.
- C'est pas grave. Je viendrai le chercher quand je ferai mes courses dans la zone commerciale.
- Entendu. Je vous recontacte bientôt, une fois que j'aurais lu votre texte.
- OK, merci… »
Quelques jours après…
- Allô, c'est le service avant-vente de chez T-B. Votre poème il est bon. Je vais le monter sur la Traction-brabant 76. Vous pourrez passer en prendre livraison le 15 novembre ?
- Attendez, je regarde, oui, je suis libre ce jour-là.
- Dans ce cas, à bientôt.
- A bientôt ! »
Le 15 novembre suivant
« Bonjour M'sieu Maltaverne. Il est prêt, mon poème ?
- Attendez, j'suis en train de le démouler. Il va pas tarder à sortir. C'est un peu difficile, comme tous les accouchements.
- J'attends une minute, alors ?
- Pas besoin : le voilà qui arrive. Tout beau, tout chaud.
- Merci, M'sieu Maltaverne ! Grâce à cette publication, je vais pouvoir faire sensation sur la piste aux étoiles.
- Attendez un instant. J'enlève les dernières chiures qui se sont posées sur votre pare-brise. Vous savez, ça revient vite, ce genre de trucs, et après, on n'y voit que dalle pour avancer. »
- Ah vraiment, vous êtes un chic type !
- Non, y a pas d'quoi. C'est gratis la première fois. Adieu tout nouveau tout beau poète que je ne reverrai jamais.
Et il dérape en se barrant du garage. Pressé d'être ailleurs, encore, celui-là. Bon, je vais pas lui souhaiter un accident au sortir du T-B drive, mais tout de même, ça serait mieux qu'il se paye un rétroviseur avant de se planter.
P.M.

Numéro 75 de Traction-brabant


Le numéro 75 de Traction-brabant est vendu au prix de 2,40 €.
Pour plus de précisions, contact association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Présentation

"TRACTION-BRABANT" (alias T-B pour les intimes) est un fanzine d'écriture, de poésie et autres textes courts, créé en janvier 2004 par Patrice MALTAVERNE (conception, écriture, choix et mise en page des textes) et Patrice VIGUES (illustrations).

"TRACTION-BRABANT" existe aussi et surtout sous sa version papier à une cent soixante-dizaine d'exemplaires par numéro. Le poézine est à parution aléatoire, quoique... si tous les deux trois mois, les combattants sont en forme, un nouveau numéro sort de leur tanière.

"TRACTION-BRABANT", aujourd'hui publié par l'association Le Citron Gare, ne demande aucune subvention, le poézine a juste pour but de faire circuler à son modeste niveau une poésie pas trop classique ni trop molle surtout, ainsi que de véhiculer certaines pistes de réflexion, sans pour autant qu'il ne soit tranché dans le vif.

Plus précisément, à l'origine, TRACTION-BRABANT est la contraction de traction avant, l'auto et de brabant double, la charrue à double soc. Cela montre avant tout notre nostalgie pour ces vieux objets mécaniques ainsi que notre méfiance par rapport à un progrès non mesuré...

Les auteurs (poètes, illustrateurs) présents dans "TRACTION-BRABANT" sont plus de cinq cents, d'après les dernières stats.

Ce blog a pour but de reproduire des extraits du zine sous sa version papier et de faire connaître davantage ce que nous faisons....

Enfin, "TRACTION-BRABANT" s'efforce d'encourager ses participants à des échanges de textes et d'idées et pourquoi pas à de possibles rencontres.

P.M.

Contact pour l'association Le Citron Gare : p.maltaverne@orange.fr

Bon allez ça va j'me casse



Le blog de Marlène Tissot

En voilà un blog qu'il est avec du texte. Mais pas qu'avec des mots. Il y a beaucoup de sensibilité quand le lecteur se laisse entraîner à l'intérieur de celle qui parle, quelque part à l'intérieur de lui-même. Et pas besoin d'échelle pour descendre des nuages...


Marlène Tissot nous convie à cette plongée dont on oublierait qu'elle est faite de vie quotidienne...

De Marie-Anne Bruch (extrait de T-B 64)

Présents


Nous offrons des fleurs, indifféremment, aux femmes et aux morts ; mais nous n’offrons de joujoux qu’aux enfants car les femmes et les morts ne savent jouer qu’avec les apparences.
La jeune fille du métro garde son bouquet d’anémones sur ses genoux, avec la sainte envie de le jeter par la fenêtre.
Fleurs périssables – à l’image de l’amour – fleurs encombrantes – à l’image de l’amour – fleurs coupées, sacrifiées en pleine jeunesse, comme si l’amour était une coquetterie, un caprice décoratif.
Nous offrons des fleurs, indifféremment, aux femmes et aux morts : marguerites exsangues pour elles, immortelles pour eux ; mais nous n’offrons pas de bouquets aux enfants, puisqu’en eux germent déjà les mauvaises herbes et la folle avoine.

La voiture accidentée du futur de Patrice VIGUES

Le Code de déontologie des loubs (part one) : avec Windowsmediaplayer

En commençant d'écrire ce Code de déontologie des loubs, je me dis c'est bien beau. Va déjà falloir distinguer les vrais des faux loubs. Ca c'est une question qu'on évite bien soigneusement de se poser de manière générale et en toute chose, car si on se la posait, il ne resterait que des imposteurs, des fils à papa, quoi : intolérable !

Mais moi mes loubs, ce sont des vrais. Et ça j'y tiens !

L'accompagnement sonore est l'oeuvre du groupe "Organised confusion", et le titre est "Hate in absolute", disponible via le site Dogmazic.

D'Eric Savina (extrait de T-B 15)

INCERTAIN CARNET DE BALLES

Un paquet d'années derrière moi
Peu d'échecs, davantage de réussites
Et pourtant cela ne me convient pas
Je suis éternellement insatisfait
Patchwork assez étrange
Kaléidoscope au microscope
Que parfois j'essaie d'analyser
Pas grand-chose à prouver
Ou bien à découvrir
Tout simplement plus d'envie
Alors je prends un peu de recul
Pourquoi ne pas envoyer tout valser
Du style et du sang-froid
Je me mets à l'aise
Et je me tire une balle dans la tête
Demain...

Incipits finissants (53)

Ce n’est qu’un corps qui dérive le long du cours d’eau. Un corps autobalancé d’un pont ou d’une rive. Triste réalité, hélas ordinaire. Lui qui de son vivant n’a jamais voyagé aussi libre d’attaches, le voilà bien parti pour éclater tous ses records. Le courant est avec lui !
Pour faire post-tautologico-Tarkos, c’est un corps qui est fier de son statut de corps. Faut dire qu’il y a vraiment de quoi. Son amie, la rivière, est la seule à se jouer de ce fabuleux article 17 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, toujours appliqué avec zèle, puisque étant relatif au respect de... la sainte propriété privée !
Cela lui permet, au corps, de croiser un cimetière, mais comme il n’a pas envie de se donner à la science des esprits, il repart parmi les flots et alors apparaît un centre commercial. De là, il aperçoit les rangs de caddies du superbe supermarché. C’est là qu’il trimait avant, le corps. Pourvu qu’ils ne le remettent pas, même raide, à la caisse, là où seule importe la validation des transactions.
Mais vite, il faut déguerpir en mettant les bouchers doubles. En aval, c’est rien de moins que l’usine, enfin rien de plus que l’usine à l’arrêt. Un nouveau concept à la française. La friche industrielle pour les artoschtes ! Encore du subventionné tout ça ! Ah ! Quelle beauté, y a pas à dire. Ça l’était tout de même davantage quand ça rapportait des salaires, même nazes, qui permettaient d’avoir sa maison et d’aller tous les week-ends à la pêche. Tiens, voilà une canette… vide ! A cette époque, on se sentait moins seul quand on était ouvrier. Maintenant, c’est plus triste qu’une cathédrale, comme ces vieux classique Larousse qu’on ne lit plus.
Le corps commence à se demander s’il va s’arrêter un jour de dériver. Le problème principal, quand on y regarde de près, en fait, réside dans les vivants.
D’ailleurs, voici à tribord un jardin pour les mômes. C’est déjà plus touchant. Sauf que les enfants vont cafter à leurs parents s’ils le voient et ensuite ils feront des vilains cauchemars puis beaucoup plus tard, ils le rejoindront dans un flux identique.
Ayant réfléchi à la situation, le cadavre vient de changer d’avis : il va se rendre au prochain cimetière à peu près potable croisé sur sa route. C’est encore là qu’il passera le plus inaperçu et pourra infinir en paix.
                                                                                                                                                    P.M.

"Les Grodards sans glands (de l'origine des guerres)", illustration de Jean-Marc Couvé


D'Alain Minighetti (extrait de T-B 36)

Le cimetière des enfants (Ecrits du 11 avril 2005)

Ils furent partis
Rabougris - du dehors nulle part
Cueillir des écrevisses blanches
Changer des souris en hommes
Un trou dans le pantalon
Les bons sandwichs aux fromages colorés

Un accordéon luxuriant pleurant mélancolie
Agonise sur le pavé carré poli
Par ta pluie du coeur saigné au temps méchant
Passant la vie au placard débile des enfants
Du soleil chantant - rentrant leurs yeux
Je t'emmerde connard - je suis en retard
Mais j'aime baiser avant de calculer connard
Jouez du sifflet et des babioles -
Cassez les sales bagnoles
Nettoyez-moi tout ça qu'on y voie le soleil putain !
Quand est-ce qu'un Gaston Chaissac va t-il me serrer la main ?
Quoi me raconter toi ?
Je meurs demain plus bête encore
Début - développement - fin
Non peut-être pas encore maintenant
Vilaine manie inutile qui sert à rien jamais
Alors qu'est-c'que c'est ? - mode d'emploi s'i'ous plait Le piano - le piano - le piano - c'est si beau
C'est si bien - il faudrait en faire un bouquet
Final et rentrer dans les bunkers - tout boulonner
Tout changer - taper sur les casseroles
Se faire des bananes dans les tifs
Pour beugler une misère de trois accords
Pour casser l'ennui en produisant du futile
Et ça revient au même - finalement c'est chiant - finalement c'est chiant
Finalement c'est pas fini - il faut penser à charger la mächiiiineu
A nourrir ses neurones à la scie musicale minimum
Sinon putain ça va pas loin, ça vole pas haut
Sinon putain autant se faire des tartines et les tartiner
Les faire durer - les faire chialer au fromage à patamole graissée
Autant se dire que le vent emporte les enfants
Loin de leur terrain de prédilection
Là où ils trouvaient des cailloux à jeter à l'eau
Oui mon beau salaud on en a bien profité-eu
Mais maintenant c'est fini, c'est fini-eu
Les cailloux tombent plus pareil - ça raye
C'est plus cette espèce de courbe légère et sculptée
C'est j'sais pas trop quoi d'ailleurs, hein d'ailleurs !
D'ailleurs, quoi de quoi ?
Où ça j'y vois rien
Demain matin il fera clair - il fera jour
Et dans une banalité consternante, se complaisant
Ô si peu, Mais bon faut faire avec...
Se complaisant battu par la vitesse du temps et les neurones un rien encrassés

Et bin on ira où il faut aller
Sans trangresser - je sais pas pourquoi !
Je sais pas pourquoi...

Vous pouvez également retrouver d'autres poèmes d'Alain Minighetti sur les blogs suivants : http://alainminighettiecritscacophoniques.blogspot.com/ et http://www.myspace.com/474719718

Le blog de Pascal Perrot

Il y en a qui causent droit et fort, et il arrive même qu'on y découvre des vérités insoupçonnées, pourtant si simples à dire, en apparence

Et tous les noeuds se défirent au zéphyr ou zoomorphisme 8 (illustration de Jean-Louis Millet et titre de Malta)




De Jean-Michel Hatton (extrait de T-B 44)

&
Thompson Ave.

Du comptoir

elle me regardait
la fille un peu ronde

elle disait vouloir
danser des danses

toutes rondes, mes
mains enfouies dans

ses mains rondes.

C’est que c’est une
fille un peu ronde-

tourbillon, vous voyez.

Encrée sur son
rond coude

la fille avait, des yeux,
lancé vers moi un

regard tout rond :

deux petites bouées
rondes qui flottèrent

du
comptoir au canapé
et

me cognèrent au front.

Le Raudi à Metz

Une fois n'est pas coutume. Je fais de la pub pour un site d'actualités culturelles messin. Il s'agit du Raudi, ou la culture autrement, comme c'est très bien résumé.

A côté de nombre de manifestations et d'initiatives locales présentées à la une, vous trouverez en cliquant sur le bandeau de droite un lexique messin. De quoi prendre son passeport et venir vivre en France de l'extérieur.

Vous verrez : on y arrive. J'en suis la preuve vivante ! 

A ne pas manquer également une belle série de contrepèteries messines...

Le Raudi, c'est ici.

Monday, November 05, 2018

De Marine Ribaud (extrait de T-B 74)

J'aurais pu te dire que je t'aimais, c'était comme une rivière qui coule où elle va.
Un commun temps dans le temps commun.
Dire le monde un après-midi de dimanche lorsque la pluie se mélange aux hommes.
Et s'en aller.

Saturday, October 20, 2018

De Thierry Le Pennec (extrait de T-B 72)

jet lag

"j'écarte les jambes" fit-elle mais j'é-
jaculai beaucoup trop tôt poignard
                     en moi-même et ré-
                   veillé pleine nuit les voix
américaines en mon cerveau / fatigue
d'une moitié de planète en vingt-quatre heures
                                   – back home
en un chantier de salle de bains la pression française.


Thursday, October 04, 2018

De Marlène Tissot (extrait de T-B 24)

Deux garçons
Assis sur un muret
Ils ont chacun
Une cigarette dans une main
Et une bière dans l’autre
Ils doivent avoir quatorze ans
Peut être quinze
Et dans le regard
Pas la moindre
Lueur d’espoir

Thursday, September 27, 2018

Ils ont réparé l'oubli


Les complices de TraumFabrik ont enfin pensé au brabant double, le double araire de notre mécanique de cauchemar, comme ça, ça fait TraumTractionFabrikBrabant !

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Poézine ou pour parler comme les gens bien "revue poétique et littéraire" et toutes petites petites éditions, comme le format des bouquins